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Retrouvez toutes les informations sur la campagne municipales dans le 12ème sur le site de campagne : http://www.micheleblumenthal.net
peillon-ps-accuse-jospin-.img_assist_custom.jpg Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, prône la clarté et la transparence au sein du Parti socialiste. Dans la dernière ligne droite vers les municipales, le député de la Somme entend adresser un "carton jaune" au gouvernement et conseille à Nicolas Sarkozy de changer... de conseillers. Quant à l'avenir du PS, il déclare sans ambages qu'il devra se faire autour de Ségolène Royal.

Vous faites campagne partout en France. La droite vous paraît-elle aussi en difficulté que la gauche le pense ?

Méfions-nous de la chronique des victoires annoncées. Ce qui est certain, c'est que beaucoup de nos concitoyens se sentent trahis et méprisés. Trahis parce que le Président a conduit sa campagne sur le pouvoir d'achat, et qu'à part l'augmentation de son salaire, celui des patrons du CAC 40, l'exhibition d'une vie de luxe, ils n'ont rien vu venir, si ce n'est des difficultés supplémentaires pour eux-mêmes. Méprisés, parce que le Président semble s'intéresser davantage à lui-même qu'à leur sort. Il a dénoncé, à Périgueux, la vulgarité organisée autour de nos enfants ! Cela ne manque pas de toupet pour quelqu'un qui l'a installée lui-même, depuis huit mois, au sommet de l'Etat ! Un nouveau sentiment de profonde inquiétude émerge peu à peu. De la visite de Kadhafi à la proposition sur la Shoah, sans parler des dérives de son comportement personnel, nos concitoyens sentent que quelque chose ne va plus, comme un dérèglement qui touche aux principes mêmes de notre République et qui, à ce titre, peut être lourd de dangers.

En quoi le parrainage par les écoliers de CM2 de jeunes victimes de la Shoah porte-t-il atteinte "aux principes de notre République" ?

Des spécialistes, historiens, psychologues, associations et enseignants accomplissent un travail remarquable sur ce sujet d'une extrême difficulté. Que le Président les encourage au lieu d'entrer dans une démarche d'émotion et de communication qu'aucun d'entre eux n'a demandée et que tous désavouent. Après les affirmations sur les origines génétiques de l'orientation sexuelle, le discours sur l'homme africain incapable d'entrer dans la modernité, la supériorité des curés, rabbins et imams dans l'apprentissage du Bien et du Mal, il faut que le Président s'arrête. Comme s'il ignorait et notre histoire et nos principes, il ne cesse de parler d'une identité nationale qu'il foule aux pieds. Avec lui, c'est d'abaissement national qu'il s'agit ! Le temps est venu pour lui de se ressaisir. Qu'il prenne la mesure de ses responsabilités !

Quels conseils lui donneriez-vous pour rebondir ?

Il semble que le Président ne manque pas de conseillers ! Mais vous avez raison, au vu des résultats, il devrait peut-être en changer. Qu'il comprenne que ce n'est pas seulement son destin personnel qui est en cause, mais celui de la France, serait un bon début.

Quel message devrait faire entendre la gauche dans cette campagne municipale ?

J'entends qu'il faut adresser un carton jaune au gouvernement et utiliser les collectivités de gauche pour se protéger. C'est vrai mais cela reste trop défensif. A Lyon, Strasbourg, Paris, Nantes, Rennes, Tours, Marseille, Lille, Toulouse, Caen, Grenoble, Dijon, Besançon ou Montpellier, il existe une gauche d'action qui fait campagne, non sur un rejet, mais sur des projets. Nous devons les mettre davantage à l'honneur. En termes de stratégie économique, de coopération européenne, de développement durable, de politique sociale, d'accompagnement et de sécurité, de démocratie participative, d'ouverture à la société civile, de reconnaissance de la société métissée, la rénovation de la gauche est en marche dans cette campagne. Certains ont même déjà réalisé les assises de la gauche et des progressistes que j'appelle de mes voeux au niveau national !

Vous voulez parler des alliances avec les centristes, mais tous les prétendants socialistes ne sont pas d'accord et le diront dès le 16 mars, quand la trêve électorale s'achèvera

Les "prétendants" seront obligés de prendre appui sur cette énergie, sur ces expériences, sur ces compétences, pour accomplir les tâches qui sont devant nous : formuler un projet, rénover notre organisation, définir une nouvelle stratégie, choisir un leader et une équipe. Le message positif de sérieux, d'énergie et d'espoir que portent nos candidats au plan local devra alors se faire entendre plus fortement.

La bataille pour la succession de François Hollande sera ouverte, quel premier secrétaire voulez-vous ?

Tirons les leçons des expériences passées: Mitterrand, Chirac, Jospin, Sarkozy, toutes les victoires sont le produit d'une adéquation entre le parti majoritaire et le candidat. Si la gauche veut avoir l'espoir de retourner aux responsabilités, elle doit avoir la maturité d'accepter cette évidence. Surtout qu'avec le quinquennat, il n'y a pas de temps à perdre.

Mais personne ne s'impose aujourd'hui !

C'est le vote des militants qui le dira.
Et j'appelle tous ceux qui ont une ambition présidentielle à venir la présenter loyalement devant les militants. Avancer dans la clarté est la seule façon de ne pas bloquer le système. Ne recommençons pas le congrès de 2002 : des ambitions dissimulées dans une fausse unité, et l'immobilisme pour cimenter le tout. Cette fois-ci, n'attendons pas, par paresse, lâcheté ou hypocrisie, 2011 pour trancher les problèmes qui se posent à nous.

Vous ne croyez pas à un duel Royal/Delanoë ?

Non, c'est une invention de ceux qui veulent faire peur et disent: " Attention à l'explosion ! ". C'est une logique d'empêchement visant à les dissuader l'un et l'autre de se présenter. Or nous avons besoin de clarté, de simplicité, et aussi de grands leaders appréciés des Français. Que ceux qui veulent être premier secrétaire se déclarent, que les militants votent, et que l'on respecte ce vote en se rassemblant et en se mettant au travail autour de celle ou de celui qui sera choisi.

Un " tout sauf Ségolène " s'esquisse, comment l'affronterez-vous ?

Encore une démarche positive ! Je n'ose le croire. Si c'est vrai, c'est idiot. Moi, j'invite au contraire tous les talents et toutes les volontés à construire une large majori>té pour préparer la victoire en 2012. Ne sous-estimons pas le travail à accomplir. Et j'ajoute un propos de bon sens : comme cela ne pourra pas se faire sans Ségolène Royal, et encore moins contre elle, il faut faire avec elle, et autour d'elle.

Pascale Amaudric / Le JDD

Ségolène Royal à Villeurbanne

Ségolène Royal a assuré jeudi 14 février à Villeurbanne que le vote aux municipales serait un "vote d'espérance", face à "l'inertie" gouvernementale et aux "désillusions", et a appelé Nicolas Sarkozy à "rendre des comptes" sur la banlieue.

"Le vote pour les municipales est un vote d'espérance face à l'inertie du gouvernement actuel. On doit se mettre en mouvement dans ces élections municipales".

"Je suis venue dans ces quartiers populaires où j'étais déjà venue lors de la campagne présidentielle pour dire aux habitants: je suis avec vous, je ne vous abandonne pas". "Je suis toujours là et nous allons agir ensemble".

"Je sais que vous avez été cruellement déçus. Je sais que vous avez attendu des annonces de ce plan banlieue pendant huit mois".

"Beaucoup de désillusion"

"Il y a beaucoup de désillusion. La désillusion ne doit pas se transformer en désespoir", qui "conduit à la violence".

"Quand le chef de l'Etat n'assume pas ses responsabilités et ne tient pas parole par rapport à ce qu'il avait annoncé -il avait annoncé un plan Marshall, où est ce plan Marshall ?- je dis: prenons-nous tous ensemble en mains, c'est pour cela qu'il faut aller voter pour des maires socialistes, des maires de gauche".

"Je souhaite que Nicolas Sarkozy puisse venir rendre des comptes sur le plan annoncé. Je lui demande de venir dans six mois. En voilà assez de cette parole politique qui n'est plus suivie d'effet".
municip.jpg Ségolène Royal en campagne apporte son soutien aux candidats socialistes et aux équipes de gauche pour les municipales et les cantonales. Et rencontre également des salariés qui se battent pour leur entreprise, leur famille, leur pouvoir d’achat.

Retour sur les premières étapes d’un tour de France qui continue jeudi 14 à Villeurbanne et Vaulx-en-Velin (Rhône) et samedi 16 dans les Deux-Sèvres. En attendant bien d’autres déplacements…

11 février, Cognac et Angoulême (Charente) – En visite dans le quartier populaire de Crouin, Ségolène est venue soutenir Michel Gourinchas et son équipe, candidats aux municipales de la deuxième ville de Charente. Et souligner par là-même que le plan Borloo ignore totalement le quartier, la ville. Incurie des actuels édile locaux et signe des temps : les images chatoyantes, celle en l’occurrence d’un des plus prestigieux spiritueux français, ne doivent pas amener à négliger les vraies difficultés des plus modestes.

 Puis, à Angoulême, dédicace de Ma plus belle histoire, c’est vous. Un moment chaleureux et convivial « en contact direct avec les habitants, c’est indispensable», avant d’aller prendre un verre au café du coin avec Philippe Lavaud et son équipe, partis à la reconquête de la capitale charentaise. L’action politique passe avant tout par l’écoute et aussi par la convivialité.

1er février, La Rochelle (Charente-Maritime) – La journée commence par un petit-déjeuner avec les candidats au Conseil Général : mobilisation pour un changement de majorité à portée de main. En ce jour de grève exceptionnelle dans la grande distribution, Ségolène Royal rencontre ensuite une délégation d’employés de Carrefour. Pour dénoncer « la pression intolérable sur vos salaires et vos conditions de travail, d’autant plus insoutenable que la grande distribution n’est pas soumise à la concurrence internationale contrairement à d’autres secteurs ».

30 janvier, Argenteuil (Val d’Oise) – Les hôpitaux manquent cruellement de moyens, la qualité des soins est en jeu : pour la santé publique et ceux qui la font vivre au quotidien, Ségolène Royal rencontre une délégation de l’établissement hospitalier de la troisième ville d’Ile-de-France. Une visite à Argenteuil pour apporter également un soutien amical et engagé à Philippe Doucet et son équipe partis à la conquête de la mairie, « unis et rassemblés » depuis Lutte Ouvrière jusqu’au PS en passant par le PCF et les Verts.

25 janvier, Chartres (Eure-et-Loir) – Une semaine avant les grèves dans la grande distribution, Ségolène Royal en arrivant dans le chef-lieu d’Eure-et-Loir se rend dans une grande surface. Rencontre et échanges avec des clients pour évoquer les problèmes de pouvoir d’achat. Puis avec des représentants du personnel de l’hypermarché, ravis de pouvoir faire entendre directement leurs inquiétudes et leurs revendications.

Le soir, soutien à Françoise Vallet, candidate à la législative partielle sur la 1ère circonscription d’Eure-et-Loir. La semaine suivante, Françoise sera élue avec 55,26 % des suffrages… Un score qu’on l’espère voir renouveler pour devenir la nouvelle première édile de Chartres.

24 janvier, Tours (Indre-et-Loire) – A son arrivée dans l’élégante cité des bords de Loire, Ségolène Royal rencontre une délégation de salariés du centre d’appel Téléperformance. En grève depuis 10 jours, ils se battent pour des salaires décents (pour 35h, le salaire d’un opérateur est d’à peine 900€ !). Les assurant de son soutien, elle dénonce l’attitude de la Direction peu de temps après sur France 3 en Région et au National. Quelques minutes plus tard, après dix jours de silence, la direction des Ressources Humaines de l’entreprise appelle les délégués syndicaux pour ouvrir des négociations… qui ont abouti depuis.

 Autour d’une galette républicaine et devant plus de 1000 personnes, invitée par Jean-Patrick Gille député et 1er secrétaire fédéral du PS 37, Ségolène apporte son soutien à Jean Germain, candidat à sa succession à la mairie de Tours pour continuer et amplifier le magnifique travail réalisé. Soutien appuyé également aux candidats socialistes et de gauche aux cantonales. Des encouragements porteurs d’espoir : le Département peut basculer, la majorité actuelle ne tenant qu’à un siège !

15 janvier, Ribeauvillé, Colmar et Strasbourg (Haut-Rhin et Bas-Rhin) – A Ribeauvillé, chaleureusement guidée notamment par Fabien Becker, Ségolène Royal rencontre les salariés de Sony en lutte contre un plan social prévoyant la suppression de 200 des 500 emplois du site. A leur demande, pour les soutenir, elle adresse une lettre aux Directions « France » et « Europe » de la multinationale. Sans réponse à ce jour, le courrier fera l’objet d’une relance pour soutenir les salariés jusqu’au bout.

A Colmar, rencontre avec Paul Layer, tête d’une liste « très ouverte », selon les mots mêmes du candidat socialiste à la mairie de la deuxième ville du Haut-Rhin, mais « clairement, naturellement, sereinement et tranquillement ancrée à gauche ». Dans le Bas-Rhin, à Strasbourg, Ségolène apporte un soutien chaleureux et décisif à Roland Ries, donné au coude à coude avec l’équipe municipale sortante « pour une alternance urgente, un vrai changement. »

12 janvier, Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor)– Première sortie municipale, une journée de soutien amical à Danièle Bousquet. Partie à la reconquête d’une ville dirigée par la droite depuis 2001, la candidate à la première magistrature veut sortir, avec les Briochins, la ville de la « petite torpeur » dans laquelle l’a laissée s’enfoncer le maire actuel. Le soutien de Ségolène comme un vent de changement.
Ségolène Royal s’exprime sur la situation à Neuilly sur Seine et sur l’attitude de Nicolas Sarkozy.

Dans une interview au Parisien, Ségolène Royal estime que Nicolas Sarkozy est "en pleine dérive monarchique en désignant qui est son successeur ou qui ne l'est pas, à quel moment on l'installe et à quel moment on le retire".

"Cette péripétie ridicule offre un spectacle affligeant de la morale politique", ajoute-t-elle à propos de la situation à Neuilly-sur-Seine où le porte-parole de l'Elysée David Martinon, parachuté par Nicolas Sarkozy, a été évincé par le propre fils du chef de l'Etat, Jean Sarkozy.

Quant à la baisse du président de la République dans les sondages, Ségolène Royal estime sur RMC et BFM-TV qu'elle est due au fait que "les résultats ne sont pas là par rapport à la masse de promesses qui ont été faites".

Elle évoque également l'étalage de sa vie privée dans la presse. "Etre chef de l'Etat, c'est ne plus être un homme ou une femme comme les autres, c'est représenter un Etat, une nation, un pays. Donc on attend de la tenue, de la distance, une certaine allure".

Interrogée sur le fait de savoir si Nicolas Sarkozy porte atteinte à la fonction de président de la République, elle répond : "Je le crois. Je ne suis pas la seule à le penser, tout le monde le dit, tout le monde le pense et comme il y en a encore pour quatre ans, j'espère pour le pays qu'il va se ressaisir". Elle ajoute :"Nous sommes inquiets de ce qui se passe dans le pays, quand un chef d'Etat fait perdre ainsi un certain prestige à notre pays, c'est aussi des dégâts économiques. Quand un pays est bien représenté, dignement, qu'il pèse sur la place européenne et internationale, ce sont aussi des mouvements économiques qui s'enchaînent. C'est porteur de valeurs, l'attitude personnelle et institutionnelle."
Tribune de Ségolène Royal dans Le Monde

C'est un verdict sévère qui vient d'être rendu sur les huit premiers mois de la présidence Sarkozy : en janvier, le moral des ménages a atteint un minimum historique. Stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics, absence de perspectives pour les jeunes, dont le pessimisme est plus fort que partout ailleurs : l'inquiétude est vive.

Malgré les promesses inconsidérées, nous savions bien que tous les problèmes ne seraient pas résolus en un an. Mais nous étions au moins en droit d'attendre que la situation ne s'aggrave pas. Aujourd'hui, règne la brutalité d'un système où l'argent fou fait la loi, où les valeurs humaines reculent chaque jour un peu plus, où le plus grand nombre paient pour des puissants dont l'impunité est proportionnelle à l'irresponsabilité.

Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte. Tout était possible, hier ; mais trop de temps et de fonds publics ont été gaspillés. L'urgence du pouvoir d'achat n'a pas été traitée, l'avenir n'a pas été préparé, la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique.

Chacun a compris que le "paquet fiscal" n'avait pas fait frémir d'un dixième la croissance. Pourtant, avec 15 milliards d'euros dépensés chaque année, le budget des universités et des centres de recherche aurait pu être durablement multiplié par deux. La prime pour l'emploi aurait pu être également doublée, donnant à plus de huit millions de salariés français l'équivalent d'un treizième mois. Et avec 15 milliards d'euros, il y avait encore de quoi amorcer notre désendettement.

Quant aux réformes engagées, universités, retraites, marché du travail, elles sont toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire. La réforme du marché du travail, par exemple, consacre la fusion entre ANPE et Unedic : pourquoi pas ? Mais les moyens en faveur d'un service public de l'emploi efficace et d'une véritable sécurité sociale professionnelle ne sont pas engagés.

Pour remplir les caisses qu'il a contribué à vider, Nicolas Sarkozy est devenu "monsieur taxes". Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un bouclier fiscal qui a notamment rapporté 350 millions d'euros à 16 000 contribuables privilégiés.

Il est donc plus que temps de remettre de l'ordre et de s'attaquer aux vrais problèmes. Aujourd'hui, ce n'est pas la quantité de travail des actifs occupés qui fait défaut en France, c'est le chômage des moins de 25 ans et celui des plus de 55 ans qui posent problème ; ce ne sont ni la durée ni le coût du travail qui pèsent sur la compétitivité et entraînent 40 milliards d'euros de déficit de la balance extérieure, mais les investissements en innovation des PME qui manquent.

L'époque des "trente glorieuses", marquée par la rigidité des entreprises et des marchés, est révolue. Innovation, concurrence et mobilité sont désormais la loi de l'époque, pour le meilleur ou pour le pire, selon ce que l'on en fera. Il ne s'agit pas simplement de nous adapter à cette nouvelle donne ! Il faut en être les pionniers vigoureux : le politique est là pour faire en sorte que chacun change, entrepreneurs comme salariés.

Or, c'est toujours aux mêmes qu'il est demandé de faire des efforts. Il y a les gagnants de la mondialisation, qui ont le pouvoir de s'inventer un futur. Il y a ceux qui rêvent au futur qu'ils pourraient avoir si on leur donnait leur chance. Et enfin, il y a ceux qui ne peuvent même plus rêver, parce qu'ils sont tenaillés par les soucis quotidiens.

Notre économie n'acceptera la mondialisation que si on donne à chacun la possibilité d'en être un acteur. Le creusement des inégalités ne fera que tirer la croissance vers le bas. Et si rien n'est fait pour construire la confiance, les injustices criantes déboucheront sur une violence ouverte. Il y a donc trois urgences pour répondre à ces défis et stopper la dangereuse spirale descendante.

La première, c'est réformer l'Etat. Pour transformer les nouveaux risques en forces d'émancipation, la puissance publique elle-même doit changer. D'un Etat qui s'efforce de corriger les inégalités, il faut passer à un Etat qui les attaque à la racine, un Etat qui encourage chaque talent à se développer et à innover par l'accompagnement personnalisé. C'est vrai pour l'école, c'est vrai pour les services publics en général.

La seconde, c'est faire de la sécurité professionnelle et de la hausse du pouvoir d'achat deux réalités indissociables. Il faut pour cela s'occuper des salariés avant la perte d'emploi et non après, quand dans bien des cas il est déjà trop tard. Nous devons mettre fin à l'éclatement des fonds de la formation professionnelle et les réunir dans un nouveau service public de l'emploi, comme réussissent déjà à le faire certaines régions. La formation et la mobilité professionnelle doivent offrir de vraies perspectives de carrière et des hausses de salaires.

La troisième urgence concerne l'université et la recherche. La loi d'autonomie ne résoudra rien tant que la question des moyens n'aura pas été résolue et que les universités ne seront pas soumises à évaluation. Notre enseignement supérieur est handicapé par le gouffre qui existe entre grandes écoles et universités : il est temps de créer des passerelles, généraliser les laboratoires conjoints et des diplômes communs. Il faut aussi revaloriser le métier de chercheur, créer une vraie complémentarité entre enseignement et recherche, faire du doctorat un passage obligé pour les étudiants prometteurs.

Aujourd'hui, l'alignement par le bas et la réduction des salaires tiennent lieu de politique économique. Mais cette spirale est dangereuse. La France doit s'engager sur une autre trajectoire, mobiliser sa créativité et transformer les risques de la mondialisation en potentiel de croissance. Si la dégradation continue, c'est la récession qui menace. Et parce que nous refusons cette triste perspective pour notre pays, je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps.

Ségolène Royal est présidente de la région Poitou-Charentes.
Ségolène Royal à Boston, s’exprime à l’université d’Harvard

Ségolène Royal s’est exprimée sur le thème "Refonder la gauche européenne", lundi soir à l'invitation du Centre d'études européennes de l'Université Harvard.

Devant une cinquantaines d’étaudiants ainsi que des enseignants, la présidente de la région Poitou Charentes est ainsi revenue sur les problèmes internes aux Parti socialiste et sur la nécessité de les régler pour enfin devenir une vraie force d’opposition.

Elle estime d’abord que le PS doit "se démocratiser, consulter régulièrement les adhérents, mais aussi les sympathisants". En effet, l’idéal serait que ce soit "plusieurs millions de personnes qui tranchent les débats", car "plus la base d'un parti est étroite, plus il a de mal à remettre ses dogmes en cause". De plus, "un leader est plus légitimé à 5 millions de votants qu'avec 150 000".

Le Parti socialiste doit également"cesser de faire de la politique à partir des livres" et n'avoir peur de s'approprier aucun sujet. Sécurité, efficacité économique, immigration, "identité nationale, patriotisme et même la religion sont au plus haut de nos préoccupations". Pour renouveler les idées socialistes, Ségolène Royal aimerait s’enrichir des think tanks, ces groupes intellectuels de réflexion qui, "aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ont réalisé un travail formidable en aidant les partis de gauche à redessiner leurs politiques".

Ségolène Royal déplore le spectacle qu’ont offert les socialistes au Congrès "Au sein du Parti socialiste, il y a eu beaucoup de désaccords, de dissensions sur la question de la Constitution, sur la question de l'Europe. Aujourd'hui, c'est assez douloureux pour les socialistes d'assister de nouveau à ces tensions alors qu'il y a tellement à faire"

"Il va falloir lors des prochaines échéances statutaires du parti trancher une bonne fois pour toute la question de l'Europe. Moi je défendrai l'idée de l'Europe, je suis très européenne mais pas pour n'importe quelle Europe. Une Europe par la preuve, une Europe qui prend a bras le corps les problèmes politiques posés.
En visite à Argenteuil.

Ségolène Royal s'est mêlée mercredi au personnel de l'hôpital d'Argenteuil (Val-d'Oise), très revendicatif, lors d'une visite de soutien au candidat PS aux municipales dans cette commune de plus de 100.000 habitants au nord-ouest de Paris.

Ségolène Royal a discuté avec des syndicalistes mécontents des restrictions de crédits, devant les grilles de l'établissement. Ségolène Royal a pris l'exemple de la perte de près de 7 milliards d'euros par la Société Générale pour souligner, dans cette cité défavorisée, que "les moyens existent". "Sept milliards dilapidés, c'est plus de la moitié du déficit de la sécurité sociale!"

"Simplement, l'argent est très mal utilisé. Les petits et les moyens paient pour les carences et l'irresponsabilité des puissants, qui sont en plus en connivence".

Beaucoup en ont profité pour faire passer un message à la responsable PS. "Y a trop de travail à l'hôpital, trop de chômage à l'extérieur", scandaient trois salariés syndiqués. "On crève la dalle à Argenteuil, on manque d'emplois, de logements, de tout", lui a dit un autre. "On nous a oubliés!", déclarait un troisième.

Le secrétaire du syndicat CGT de l'établissement, André Bouabdallah, a réclamé "des moyens" pour l'hôpital.

Le président Sarkozy, c'est "Monsieur taxes"

Ségolène Royal a qualifié Nicolas Sarkozy de "Monsieur taxes", mercredi à Argenteuil, citant la TVA, la taxe sur les produits pétroliers et les franchises médicales, "une taxe sur la santé".

"Il faut arrêter avec toutes ces taxes nouvelles, il faut que M. Sarkozy, Monsieur taxes, arrête avec tout cela, baisse la TVA, rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros. Ca suffit, ce règne de l'argent fou d'un côté et la diminution du pouvoir d'achat de l'autre"

"Non seulement, (M. Sarkozy) nous dit que les caisses sont vides - on sait que c'est lui qui les a vidées - mais en plus, c'est Monsieur taxes, Monsieur taxes tous azimuts"
, a insisté Mme Royal en évoquant "la TVA qui augmente, l'impôt sur les produits pétroliers qui augmente puisque les prix des carburants augmentent, et les franchises médicales, c'est-à-dire une taxe sur la santé".
Ségolène Royal s'exprimait à la Bellevilloise

Ségolène Royal a dénoncé samedi matin à Paris une "connivence" entre les puissants et "ceux qui jonglent avec les milliards", à propos de ce qu'elle a qualifié d'"invraisemblable scandale de la Société Générale".

Ségolène Royal s'exprimait à la Bellevilloise, devant quelque 500 militants de Désirs d'avenir.

Ségolène Royal a pointé "cette espèce de connivence, en haut, des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre, à survivre".

"Il faut un rétablissement moral à partir de ce scandale, au moins que la leçon en soit tirée et que les banques, grâce à une loi bien claire, cessent de se faire du beurre sur le dos des plus modestes", a poursuivi Mme Royal. "Faisons très rapidement la réforme que je réclamais depuis longtemps: rémunérer les comptes de petits épargnants".

Evoquant les municipales, elle a affirmé: "c'est dans les collectivités territoriales que nous allons pouvoir faire un rempart contre la politique de la droite, celle qui met les valeurs financières au-dessus de toute valeur humaine".

"Cette invraisemblable scandale nous montre à quel point le capitalisme est devenu incompétent, irresponsable, intolérable, désinvolte", a lancé Ségolène Royal.

Avant de s'envoler pour Florence, où se tenait une réunion du nouveau parti démocrate (centre gauche), Ségolène Royal a été ovationnée par ses partisans, réunis sur le thème de la Ville, avant de futurs débats sur le développement durable puis la démocratie participative.
v-6-ill-709055-peillon.jpg VINCENT PEILLON, DÉPUTÉ EUROPÉEN (PS)

Partisan de Ségolène Royal, comment pensez-vous que le Parti socialiste doive aborder la question de son leadership ?

Se développe l'étrange thèse selon laquelle il ne faudrait surtout pas installer à la tête du PS un leader ayant une relation forte avec les Français ! C'est la thèse la plus dangereuse que l'on a jamais inventée. Si la gauche ne veut pas renoncer à exercer à nouveau un jour le pouvoir national, elle doit au contraire se préoccuper de se mettre en ordre de bataille pour 2012. Tout le monde semble maintenant convenir que nous avons besoin d'un nouvel Epinay. Qui peut penser que cela pourra se faire un an avant l'échéance électorale ?

Et peut-on croire sincèrement qu'on pourra trancher les débats qui doivent l'être, faire respecter la discipline nécessaire, conduire les réformes d'organisation, préparer un projet, mettre en oeuvre une stratégie de rassemblement et s'opposer efficacement sans un leadership fort ? Construire ensemble un nouvel âge du socialisme sera la condition de nos victoires futures. Après cinq années de Sarkozy, le pays en aura bien besoin.

Quel sera le contenu de la "nouvelle offre politique" que propose Ségolène Royal ?

Nicolas Sarkozy est lui-même le symptôme d'une crise, son exaspération. C'est la queue de comète d'une Ve République épuisée dont il accentue tous les travers. C'est donc à la gauche et singulièrement aux socialistes qu'il appartiendra de résoudre cette crise qui touche non seulement notre modèle social mais aussi notre modèle économique.

Il faut à la fois en finir avec la préférence française pour les inégalités et avec nos faiblesses économiques. Comme aux moments clés de notre histoire, aux débuts de la IIIe République avec les premières lois sociales, après la seconde guerre mondiale avec le Conseil national de la Résistance, il faut poser des actes forts et fondateurs : investir dans la formation, la recherche, dans notre jeunesse, opérer une révolution fiscale, libérer les énergies, favoriser les PME, les services, l'économie solidaire, réformer les instruments de l'action publique, redéfinir la négociation sociale, les droits sociaux. Définir un New Deal à la française. C'est le sens plein qu'il faut donner à la VIe République.

Pour l'instant, on voit mal les contours de votre future majorité au sein du PS.

C'est plutôt bon signe ! Car cela signifie peut-être que cette majorité ne résultera plus de l'addition statique de petits bouts de courants, éternel réarrangement du passé qui immobilise le parti, mais sera le produit d'une dynamique nouvelle enfin tournée vers l'avenir et vers les Français.

Propos recueillis par Jean-Michel Normand

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"Les jeunes avec Delanoë" 
au Cabaret Sauvage le 21/02
18:30 – 19:30
Parc de la Villette Paris 19ème



***

Grand Meeting de Campagnea
de  Bertrand Delanoë
au Zénith à 18 heures
Parc de la Villette


***  
 
1er Tour des Elections municipales,
dimanche 9 mars
Allez Voter !

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