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Retrouvez toutes les informations sur la campagne municipales dans le 12ème sur le site de campagne : http://www.micheleblumenthal.net
Mercredi 28 novembre 2007

Chers(es) Amis(es), Chers(es) Camarades,

Le jeudi 8 novembre 2007 s’est constitué, à Paris, le Pacte Rénovateur, un réseau militant ayant pour base les adhérents qui veulent poursuivre la rénovation du Parti Socialiste engagée à travers la désignation puis la campagne de notre candidate à l’élection présidentielle. Le discours de Villepinte et le Pacte Présidentiel sont les bases politiques qu’il s’agit d’approfondir, de densifier, de préciser afin que le Parti Socialiste clarifie et tranche sur son orientation et son leadership, rénove son fonctionnement et ses méthodes de travail, remobilise les nouveaux adhérents et s’ouvre toujours plus aux citoyens afin d’être à nouveau la force d’entraînement de toute la gauche, des écologistes et des progressistes.

Désireux de créer une véritable dynamique, plus que jamais indispensable,nous invitons les militants de la Fédération de Paris du Parti Socialiste, partageant cette vision politique pour l'avenir de notre Parti, à participer nombreux :

 
à l’Assemblée Générale du Pacte Rénovateur

 qui se tiendra

 le Samedi 1er décembre 2007 de 14h00 à 16h00

 à La Bellevilloise – 19/21 rue Boyer – Paris 20ème

(métro : Gambetta – sortie Martin Nadaud)

 

Amitiés Socialistes,

David Assouline et Dominique Bertinotti

par Vincent Rey publié dans : Actualités
Mardi 27 novembre 2007
Ségolène Royal a appelé mardi à une "mobilisation nationale toutes tendances politiques confondues" pour "passer des discours aux actes" sur les banlieues après les émeutes à Villiers-le-Bel (Val d'Oise). "Il faut stopper cette escalade de la violence. Nous devons tous refuser, citoyens de France, que nos quartiers ressemblent aux quartiers des Etats-Unis où les tirs à balles réelles sont fréquents", a t-elle déclaré dans une déclaration à la presse depuis ses bureaux du boulevard Raspail.
La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes a appelé au rassemblement face à cet "enjeu dramatique".
"J'appelle donc à une mobilisation nationale toutes tendances politiques confondues pour que la question de nos quartiers, de l'avenir des jeunes (...) devienne une grande cause nationale. L'actualité en fait aujourd'hui un enjeu exceptionnellement dramatique et il est temps de passer aux actes", a-t-elle estimé, tout en refusant de répondre aux questions sur ses propres propositions.
Notant que les faits se sont déroulés "non loin" de Clichy-sous-Bois, point de départ des émeutes de 2005, Mme Royal a déploré que "pas grand-chose" n'ait été fait depuis deux ans pour les banlieues.
Elle a condamné "l'escalade intolérable de la violence" depuis dimanche dans le Val d'Oise, demandant à l'Etat de "garantir partout en France la sécurité, l'ordre et la justice".
Les jeunes qui s'en prennent aux bâtiments publics "se font du tort à eux-mêmes", a-t-elle jugé.

AP egp/ir
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Lundi 26 novembre 2007
figaro_sego_1174000005Ségolène Royal sera l'invitée du magazine politique A vous de juger, le 6 décembre sur France 2.
Elle répondra aux questions d'Arlette Chabot ainsi qu'à celles des spectateurs présents sur le plateau, au lendemain de la sortie de son livre, Ma plus belle histoire, c'est vous.
Six mois après l'élection du Président Sarkozy, Ségolène Royal en profitera certainement pour dresser un bilan des premières décisions du quinquennat.
Les internautes pourront également prendre part au débat en interrogeant la présidente de la région Poitou-Charentes par webcam.
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Mercredi 21 novembre 2007
Je lis ce matin dans la presse que j'aurais soutenu la réforme de Valérie Pécresse sur les universités.
Ce n'est pas le cas. Au contraire j'ai dit que le gouvernement était en train de gâcher la réforme des universités.
J'ai toujours dit que pour lutter contre l'échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d'université !) il fallait plus d'autonomie et plus de moyens aux universités pour accompagner plus efficacement les étudiants.
En revanche, la réforme telle qu'elle est conduite, comme je l'ai précisé, pose de graves problèmes :
- l'autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience
- le problème de l'échec universitaire n'est pas du tout réglé par la réforme
- il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté.
 
Le pacte présidentiel que j'ai défendu prévoyait :
1/ une loi de programmation pour donner à l'université et à la recherche les moyens de l'excellence
2/ la création d'une allocation-autonomie pour les jeunes afin de leur permettre de faire leurs études dans de bonnes conditions.

Ségolène Royal
Samedi 17 novembre 2007
Le 17/11/2007 à 09h30 GMT
CAYENNE (Reuters) -

Ségolène Royal, en déplacement en Guyane, a appelé vendredi le gouvernement français à "sortir de son entêtement" face au mouvement social en cours et lui a reproché d'avoir tardé à négocier.
"L'entêtement n'est jamais bon conseiller, j'appelle le gouvernement à sortir de son entêtement", a affirmé Ségolène Royal vendredi soir à l'aéroport de Rochambeau, en Guyane, où la présidente PS du Conseil régional de Poitou Charente a achevé une visite de quatre jours à l'invitation du président du Conseil régional de Guyane, Antoine Karam (Parti Socialiste Guyanais).
"Le gouvernement porte une grande partie de la responsabilité de ce qui se passe pour avoir tardé à négocier", a ajouté devant la presse l'ancienne candidate du PS à la présidentielle avant de s'envoler pour Paris.
"Mieux vaut tard que jamais, il faut absolument que le gouvernement accepte la proposition qui est faite par les organisations syndicales de se mettre autour d'une table pour discuter les conditions de la négociation", a-t-elle précisé.
"On ne peut pas s'amuser à faire des bras de fer pour savoir qui perd la face et qui ne la perd pas. Pour que les usagers du service public sortent de la galère qu'ils subissent, il faut que le gouvernement fasse un effort puisque les syndicats en ont fait un en acceptant de négocier et en acceptant le principe de la réforme", a expliqué Ségolène Royal.
"Il faut accepter de temps en temps de perdre la face », a-t-elle ajouté.
"Aujourd'hui il y a du désordre en France, et les premières victimes de ce désordre, ce sont les usagers, et souvent des catégories moyennes et modestes, qui n'ont pas les moyens d'autres modes de transport, donc ils perdent du temps pour aller au travail, ce sont des familles perturbées dans leur vie, et ce sont des salariés inquiets pour leur avenir", a déploré Royal.
"Le désordre vient quand il y a un sentiment d'injustice. Si on veut que l'ordre qui permet à chacun de vivre bien dans notre pays revienne, il faut que le gouvernement apporte la preuve que les réformes qu'il propose sont justes", a-t-elle ajouté.
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Samedi 10 novembre 2007
LE MONDE | 10.11.07 | 13h54  •  Mis à jour le 10.11.07 | 13h54

h-9-ill-977021-royal.jpgSégolène Royal a repris le collier. Les moments d'enthousiasme de la campagne présidentielle comme les déceptions, les critiques et les ressentiments, elle assure en avoir fait l'inventaire. Courant décembre - "si je suis satisfaite du résultat", prévient-elle - paraîtra un livre-bilan écrit entre deux voyages en Amérique du Sud et trois réunions en petit comité autour d'un économiste. Ni acte de contrition, ni règlement de comptes, cet ouvrage doit marquer sa volonté d'ouvrir une nouvelle phase. Apprendre à exister en dehors d'une campagne électorale.

Désignée il y a presque un an, le 16 novembre 2006, par un parti dont elle a convaincu 61 % des adhérents mais avec lequel elle n'a jamais été en phase pendant la bataille présidentielle, Mme Royal se tient à distance du PS. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne recherche guère la compagnie des "éléphants". Convaincue de jouir d'une aura particulière dans l'opinion mais aussi auprès des militants, elle revendique un statut à part. On ne la voit jamais aux réunions hebdomadaires du bureau national et elle n'a pas non plus assisté au dernier conseil national, le parlement du parti, fin octobre. Ayant renoncé à son mandat de députée des Deux-Sèvres, elle s'est privée de tribune parlementaire mais n'a pas renoncé à s'exprimer. Désormais, elle veut intervenir "sur le fond", en choisissant ses thèmes : la crise des marins pêcheurs ou le rachat des Echos et la cession de La Tribune par le groupe LVMH. Vendredi 9 novembre, elle s'est rendue dans le cabinet d'un médecin généraliste parisien pour y dénoncer les franchises médicales, qui préfigurent "le début de la fin de la Sécurité sociale".

L'ancienne candidate considère avoir fait évoluer le discours du PS sur l'Europe - elle a appelé les socialistes à voter "oui" au traité de Lisbonne sans faire du référendum une affaire de principe -, les rapports avec le MoDem, la vision des 35 heures ou encore l'organisation de primaires à l'italienne afin de permettre aux sympathisants de désigner un candidat à l'élection présidentielle. Vertement critiquée pour avoir mis en doute, après la campagne, le bien-fondé de la proposition du smic à 1 500 euros, elle s'amuse à relever que cette mesure a étrangement disparu du vocabulaire des dirigeants socialistes.

Si elle a marqué des points au plan idéologique, Ségolène Royal tarde en revanche à afficher une stratégie de conquête du PS, qu'elle considère pourtant comme indispensable. Plutôt que de fonder un courant, elle a relancé son association Désirs d'avenir, qui revendique plus de 10 000 membres dont tous ne sont pas adhérents du PS. "Cet aiguillon va jouer un rôle de laboratoire d'idées capable d'apporter de la valeur ajoutée au PS", assure l'avocat Jean-Pierre Mignard, qui vient de prendre la présidence de Désirs d'avenir.

"Le préalable à toute chose, considère Mme Royal, c'est la reconstruction d'une offre politique cohérente et nouvelle" qu'elle pourrait "fédérer" à condition que s'opèrent des recompositions internes au PS. Elle ne "s'interdit pas" de postuler à la direction du parti mais sa tentative manquée de devenir premier secrétaire en mai dernier l'incite visiblement à la plus grande circonspection.

En outre, le spectacle donné par le PS, qui n'a toujours pas soldé le contentieux européen de 2005, ne l'encourage pas à s'impliquer dans des manoeuvres d'appareil d'autant plus aléatoires que les rapports de force internes sont devenus difficiles à cerner. Cette prudence renforce ceux qui sont convaincus que "l'accident""la parenthèse Ségolène" appartient au passé et que le départ de nombreux adhérents à 20 euros devrait hâter le mouvement. Les partisans de Mme Royal, considère Henri Emmanuelli, "ne représentent pas un mouvement de pensée". ou

Pour Ségolène Royal, le congrès prévu fin 2008 paraît encore loin. Tout le monde ne partage pas cet avis. "Il faudrait qu'elle s'investisse davantage. D'ailleurs, beaucoup le lui demandent", plaide Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional de Rhône-Alpes. Gaëtan Gorce, député "rénovateur" de la Nièvre, constate pour sa part que " Ségolène Royal dispose, sur le plan des idées, d'une capacité à prendre des risques que les autres n'ont pas". "Dommage qu'elle ne s'intéresse guère à la tactique, ajoute-t-il. Mais c'est aussi ce qui lui permet de voir au-delà du prochain congrès."

Dans l'immédiat, et en attendant que les grandes manoeuvres débutent au PS, Mme Royal peut se réjouir d'avoir enrayé sa chute dans les sondages. Elle a regagné dix points (à 57 % d'opinions favorables) dans le dernier tableau de bord Paris Match-IFOP.

Vendredi 9 novembre 2007
"Quand l’argent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie."

Ce qui est en train de se passer aux Echos est grave. Voilà un journal dont l’indépendance fonde la crédibilité, un journal qui gagne de l’argent, un journal dont le lectorat augmente.

Il vient de tomber aux mains de Bernard Arnault, la première fortune de France contre l’avis de sa rédaction qui s’est mobilisée pendant quatre mois en dénonçant des risques sérieux de conflits d’intérêt.

Car, comment parler sereinement des activités des multiples filiales du groupe LVMH ? Comment traiter sereinement les résultats des groupes concurrents ? Comment rester politiquement libres alors que Bernard Arnault est un ami intime de Nicolas Sarkozy ?

Parfaitement cynique, l’Elysée a non seulement couvert l’opération mais s’en est réjoui publiquement. C’est une formidable nouvelle pour un journal qu’un industriel achète 240 millions d’euros, c’est un prix très très important s’est réjoui George Marc Benamou le conseiller culture et audiovisuel de Nicolas Sarkozy en reconnaissant, mais sans s’en émouvoir, que oui, il risquait d’y avoir des conflits d’intérêt rédactionnels et éditoriaux.

En même temps qu’il rachète Les Echos, Bernard Arnault vend La Tribune... La première fortune de France s’arroge le droit de restructurer à son avantage le marché de la presse économique. Et le gouvernement ne trouve rien à redire. Quand on lui demande s’il va saisir le conseil de la concurrence pour s’assurer de la transparence de toute cette opération, il élude la réponse.

Quand l’argent, le pouvoir et la presse sont à ce point mélangés, il y a danger pour la démocratie.

Signature Ségolène Royal
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Vendredi 9 novembre 2007
Invitée vendredi dans un cabinet médical du XVIIIe arrondissement de Paris, Ségolène Royal a exigé le retrait des franchises, en cours de discussion au Parlement dans le cadre du budget 2008 de la "Sécu". "Je demande au gouvernement, au président Nicolas Sarkozy de réaliser que cette réforme est mauvaise. C'est une faute sociale, puisque les gens vont payer quels que soient leurs revenus, les riches comme les pauvres", citant "les graves difficultés liées à la baisse du pouvoir d'achat".

De plus, les personnes souffrant de maladies chroniques, d'un cancer ou d'Alzheimer "n'ont pas le choix" et risquent "parfois de ne pas se faire soigner" ou de devoir "aller à l'hôpital". Plutôt que les franchises, qui doivent rapporter 850 millions d'euros par an, elle a proposé "de faire des économies" sur les aides économiques aux entreprises "qui ne sont pas justifiées".

"Je voudrais m'étonner que Martin Hirsch accepte cela. Il ne peut pas accepter la remise en cause de l'accès aux soins des Français les plus modestes et des personnes âgées ou très âgées, des personnes handicapées ou des personnes cancéreuses, c'est le début de la fin de la Sécurité sociale". Ségolène Royal s'était inspirée du rapport de Martin Hirsch de 2005 pour proposer un revenu de solidarité active (RSA).

Les franchises médicales s'appliqueront au 1er janvier à 45 millions d'assurés sociaux, qui prendront en charge 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical. Quinze millions de personnes en seront exclues, dont les bénéficiaires de la CMU.
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Lundi 29 octobre 2007
DDA A la une
[28/10/07]

Lettre de Ségolène Royal


De Buenos Aires
 
 
Amigas, Amigos,

Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty” francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡

Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager léger...

J’ai rendez-vous à 17 heures avec Cristina, dans sa résidence privée. Son avance sur les autres candidats est telle que tout le monde la donne gagnante, la seule question étant de savoir si ce sera dès le premier tour ou a l’issue du second.

La campagne s’arrêtant le vendredi, Cristina a prévu de partir jusqu’à dimanche, jour du vote, en Patagonie, la région dont elle a été longtemps l’élue et dont son mari, Nestor Kirchner, a été le gouverneur avant d’être Président de la République argentine. Là-bas, dans la ville de Calafete, a 3.500 km de Buenos Aires, elle a sa maison, ses bases.

Elle a repoussé son départ pour me recevoir et j’en suis très touchée.

Nous nous étions vues en février à Paris lorsque j’étais en campagne, nous avions surtout parlé de la France, je suis heureuse de lui rendre, dans son pays, cette politesse amicale. Cette fois-ci, nous avons surtout parlé de l’Argentine dont je trouve le redressement économique spectaculaire et l’expérience politique de ces dernières années très intéressante dans un monde en pleine recomposition.

Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.

C’est un débat qui traverse aujourd'hui toute l'Amérique latine, majoritairement gouvernée à gauche. Des gauches différentes, bien sûr, qui sont loin d'être d’accord sur tout. Mais des gauches qui, pour beaucoup, sachant bien que si le marché est un bon serviteur, il est un mauvais maître… Des gauches qui ont tiré les leçons des tentatives de passage en force des années 70 et des coups d Etat qui, sur fond de guerre froide, les ont noyées dans le sang. Des gauches qui ont montré qu’elles sont, plus que la droite, capable d’entraîner l’électorat centriste et de nouer des alliances à vocation majoritaire.

Ces questions, des pays comme l’Argentine, le Chili où je serai demain, le Brésil et bien d’autres se les posent dans ce vaste sous-continent qui est un des laboratoires de notre modernité. Elles nous intéressent directement car ce que nous vivons n’est pas simplement une époque de changements : c’est un changement d'époque. Le monde entier est à la recherche d’un modèle de développement qui conjugue croissance économique, responsabilité et même investissement environnemental, réduction des inégalités et, à l'échelle de la planète, partage plus équitable du pouvoir dans une perspective forcement multipolaire.

J’ajoute que l’Amérique latine s’illustre aussi, ces derniers temps, par l’accès au pouvoir de catégories qui en furent longtemps bannies : les femmes, les Indiens, les syndicalistes, les militants de la “génération sacrifiée” victime de la répression des dictatures militaires. Et se pose, elle aussi, la question des formes que pourrait prendre son intégration régionale et la question du rééquilibrage de sa relation avec les Etats-Unis.

Raison de plus pour aller y voir de près et retrouver Cristina à un moment privilégié où l’histoire est en train de se faire et où nous pouvons parler très librement.

Nous nous embrassons chaleureusement et nous installons côte à côte sur un divan. Je la retrouve comme dans mon souvenir : élégante et déterminée. Je la questionne sur la situation économique de son pays. Nous évoquons la croissance très dynamique de l’Argentine alors qu il y a 5 ans à peine, elle connaissait une crise économique, financière et sociale qui s’était traduite par un effondrement de plus de 11% de son produit intérieur brut, par un endettement record (111 milliards d’euros) sans capacité de remboursement, par une paupérisation massive des couches moyennes et un basculement de 50% de la population en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, la croissance tourne autour de 8%, 2,5 à 3 millions d’emplois ont été recréés, la dette de l’Etat a été restructurée par des mesures rigoureuses qui portent leurs fruits, le prêt jadis accordé par le FMI a été remboursé par anticipation en même temps que le gouvernement de Nestor Kirchner s’affranchissait de cette désastreuse tutelle. La devaluation du peso naa pas debouché sur l’adoption du dollar et, si douloureuse qu’elle ait initialement été, a fouetté l’essor de l’industrie nationale et des investissements en renchérissant le coût des importations.

Bien sûr, Cristina en est très consciente, tout n’est pas réglé. L inflation est forte, les inégalités se sont creusées même si le taux de pauvreté et le chômage ont beaucoup reculé, l’insecurité énergetique reste une faiblesse de l’économie argentine. Comme me l’explique Cristina, le rationnement de l’énergie qu il a fallu imposer aux entreprises après un hiver tres froid, “nous a coûté un point de croissance”. Elle souligne l’importance de cette “équation énergétique” pour l’avenir du pays et ironise sur ceux qui diabolisent Hugo Chavez, le president d’un Venezuela gros producteur de pétrole avec lequel l’Argentine a passé des accords de fourniture : “il faut, me dit-elle en riant, être intelligents ¡” plutôt que dogmatiques, coopérer n’est pas s’aligner et, clin d’oeil aux Européens qui courtisent la Russie, “sur le plan énergetique, Chávez n’est pas pire que Poutine ¡”. Elle souhaite aussi approfondir la cooperation avec le Brésil, premier partenaire énergtique de l’Argentine, et faire valoir aux investisseurs brésiliens que le taux de change leur est favorable.

Quand je l’interroge sur l’inflation, elle reconnait que c’est un vrai problème mais, ajoute-t-elle, “il ne faut pas confondre une inflation sans croissance et une inflation avec croissance, ce n’est pas la même chose”, point de vue certes hétérodoxe pour les adeptes des monnaies fortes a tout prix, y compris au détriment de la croissance et de l’emploi, mais choix politique assumé, même si le gouvernement argentin a gelé les tarifs publics et imposé un contrôle des prix dans la grande distribution. L'évaluation du niveau d’inflation est aujourd'hui vivement débattue en Argentine où certains accusent les statistiques officielles de la sous-estimer. Pour Cristina, le chiffre de 11% d inflation correspond à la réalité. Elle souligne que le chiffre du FMI n’est supérieur que d’un point (12%) et que, “si l’inflation atteignait 20% ou 25%, comme certains l’ont dit pendant la campagne électorale, les gens seraient déjà descendus dans la rue ¡”.

Elle m’explique aussi comment elle souhaite promouvoir, par une négociation tripartite entre l’Etat, les entreprises et les représentants des salaries, ce qu’elle appelle “un nouveau modèle d’accumulation” qui englobe, au delà des salaires et des prix, toutes les dimensions d’une croissance plus équitablement partagée. J y vois des points communs avec ce que, durant ma campagne, j’ai appelé “un nouveau modèle de croissance”.

Visiblement, Cristina n’accepte pas que les grands bailleurs de fonds internationaux ramènent l’Argentine à une situation dont elle s’est arrachée. Elle me dit qu’il n’est pas question, pour elle, d’accepter les conditions mises par le Club de Paris à la renégociation de la dette argentine : l’avis du FMI, c’est à dire le retour sous la tutelle dont l’Argentine n’a eu de cesse de s’affranchir ¡ Ce n’est, me dit-elle, pas admissible économiquement et pas admissible politiquement. L’Argentine a fait de gros efforts de désendettement pour assainir sa situation et récupérer la maitrise de son destin, pas question que le Club de Paris la tire en arrière. Cristina me dit qu elle n’a pas l’intention de se laisser faire, qu’elle est allée discuter avec les Allemand et les Japonais, principaux créanciers de son pays. Elle me dit en riant espérer que Dominique Strauss-Kahn, désormais à la tête du FMI, aura à cœur d’en changer les mœurs et les pratiques impérieuses et ravageuses, son pays en sait quelque chose, pour ceux qui se conforment à ses diktats. Je lui dis que, compte tenu de la personnalité et de l’expérience de DSK, cet espoir me parait fondé.

Nous évoquons également ce préjugé tenace, sous toutes les latitudes, qui veut qu’en matière économique, les femmes politiques soient toujours soupçonnées de moins s y connaitre que leurs homologues masculins. Je lui raconte que c’est arrivé à Angela Merkel jusqu’à ce que les milieux économiques s’aperçoivent qu’elle était fort compétente. Cristina me dit avoir multiplié les contacts avec les chefs d entreprise parce qu’elle sentait bien qu’ils s’inquiétaient de savoir quelle était, sur ces sujets, sa vision des choses. Elle entend poursuivre la bataille pour le redressement économique de l’Argentine que Nestor Kirchner a engagée avec détermination et succès. “Nous avons, me dit-elle, parfaitement intégré les règles macro-économiques de base, cela va de soi. Mais qu’on ne vienne pas me raconter que l’économie est une science exacte, c’est une science sociale et humaine ¡”. Nous nous accordons sur cette idée qu’il n’y a pas de loi d’airain qui priverait la politique de toute marge de manœuvre.

Nous évoquons aussi les perspectives de la croissance mondiale, les déséquilibres de l’économie américaine, les errements du système financier globalisé dont la récente crise des “subprimes” a montré les dangers. Cristina estime que le système a atteint un tel degré de sophistication qu’il échappe a tout contrôle. Les fonds d’investissement, parce qu’ils se soustraient à toute régulation, deviennent un facteur d’instabilité économique, sociale et même politique. Or que se passe-t-il quand une crise se propage ¿ C est l’Etat qui doit limiter les dégâts comme l’a fait, me dit Cristina, le gouvernement anglais en volant au secours d’une de ses grandes banques en perdition. Nous sommes l’une et l’autre bien d’accord que la crise financière de l’été est un avertissement. Il y a urgence à bâtir des mécanismes de régulation. Pour elle comme pour moi, c’est clair : la mondialisation, loin de disqualifier les Etats, appelle de nouvelles formes d’intervention de la puissance publique pour en saisir toutes les opportunités et, en même temps, se protéger des risques d’une financiarisation aveugle et livrée a elle-même.

Au fil de la conversation, nous abordons aussi les questions agricoles, très importantes pour l’Argentine dont les exportations alimentaires (soja, riz, maïs, vin, viande) tirent la croissance, sur fond d’explosion des cours mondiaux et de besoins croissants des marchés émergents de Chine et d’Inde. Cristina a l’habitude de souligner que ces marchés sont une chance pour son pays car il est impossible de ne compter que sur l’Occident “qui exige que nous payons nos dettes mais bloque nos importations en subventionnant sa propre agriculture”.

C’est une question que je me suis souvent posée, je la pose à Cristina : qu’as-tu appris de ton pays au fil de cette campagne ¿ “Je l’ai, me dit-elle, vraiment sillonné dans tous les sens et j’ai découvert en lui, malgré toutes les difficultés qu’il a affrontées et affronte encore, une réserve d’optimisme et une formidable capacité de changement. Un changement qui prend appui sur les résultats de ces quatre dernières années et qui nous pousse à inventer un autre modèle que celui qui a dévasté nos régions et ruiné notre compétitivité. Quand je suis allée, par exemple, dans la région viticole de Mendoza, j’ai été frappée par la rapidité de sa métamorphose : une zone jadis sinistrée par un taux de change peu favorable pour nos exportations et qui est aujourd’hui entièrement reverdie, couverte de vignes qui produisent et exportent un excellent vin”. Pour elle, c’est un exemple parmi d’autres du dynamisme des Argentins et de leur capacité à remonter la pente dès lors que l’Etat lève les obstacles à la croissance.

Nous parlons aussi des questions relatives à la sécurité, qui deviennent, là-bas comme ici, une préoccupation plus forte. Cristina me dit que l’Argentine, comme le Chili et l’Uruguay, jouissent d’un niveau de sécurité appréciable par rapport à des pays comme le Brésil ou le Mexique. Cependant, la société argentine éprouve un sentiment d’insécurité qu’il faut prendre au sérieux et qui a à voir avec l’extrême insécurité sociale des années de crise et avec le trafic de drogue, en particulier d’un sous-produit particulièrement meurtrier de la cocaïne. Je me retrouve dans sa manière d’aborder ces sujets. Sa conviction est qu’on ne peut isoler le traitement de la sécurité du règlement des autres problèmes qui inquiètent les Argentins : “il n y aura pas de sécurité, me dit-elle avec conviction, sans résoudre les problèmes d’emploi, d’éducation, de santé, de justice, de corruption”. Comme moi, elle pense que tout se tient.

Nous parlons de nos expériences respectives de campagne et je lui demande son pronostic. Prudente, elle me répond : “j’ai mené beaucoup de campagnes électorales et je sais qu’on n a jamais gagné une élection avant six heures du soir ¡ Il faut d'abord compter et recompter tous les bulletins de vote avec humilité…”.

Nous plaisantons des remarques machistes que nous avons, l’une et l’autre, essuyées en campagne. Nous nous souvenons d’Angela Merkel et de Michelle Bachelet qui, elles non plus, n'avaient pas été épargnées. Cristina me dit que tout cela l’atteint peu, qu’elle a déjà une longue expérience politique, qu’elle a été élue députée et sénatrice bien avant que son mari soit Président de la République. Elle me dit qu'elle a décidé une fois pour toutes d'être elle-même : une femme politique à part entière, qui assume et sa féminité et sa combativité. Nous tombons d’accord sur le fait que, face à ces combats d’arrière-garde, mieux vaut ne pas s’abaisser à répondre aux attaques.

Je ne peux pas tout vous raconter ici par le menu car, en une heure d’entretien, nous avons parlé de bien des choses : des droits des femmes, en particulier de l’accès à la contraception, du fait que l’Argentine n’est pas un Etat laique au sens où, en France, nous l’entendons, des droits de l’homme et de tout le travail mémoire et de justice accompli sur les années de dictature. De choses plus personnelles aussi, comme la façon dont nos enfants ont vécu nos campagnes. Cela m’a amusée car ce que son fils a demandé une fois à Cristina – “est ce qu’un jour on sera enfin seuls ¿2 -, un de mes fils ou une de mes filles aurait pu me le dire dans les mêmes termes¡

Cristina m’a aussi interrogée sur la France et sur les perspectives de la gauche. Nous avons plaisanté sur l’étrange fascination que semble exercer M. Bush sur un certain type d’hommes politiques européens : Aznar, Berlusconi, auxquels cela n a pas porté bonheur. Un autre aussi, peut-être, plus près de nous... J’ai été frappée de ce qu’elle m’a dit sur la violence du rejet dont les Etats-Unis font aujourd’hui l’objet dans toute l’Amérique latine. Un rejet, selon elle, plus fort encore que celui des années 60 ou 70. C’est le triste résultat de l’administration républicaine, alors même que Bill Clinton avait réussi à redresser l’image de son pays.

C’était un échange franc, amical. Je l’ai remerciée d’avoir, dans la dernière ligne droite de sa campagne, pris le temps de cette conversation. Nous nous sommes embrassées et souhaité bonne chance.

J’ai repensé, en la quittant, à cette phrase de Borgès, immense écrivain argentin, dont j’avais emporté un livre et qui exprime “la conviction que le combat peut être une fête”. Cela me va.

J’ai eu, depuis, d’autres passionnantes rencontres que je vous raconterai, notamment avec la Centrale des Travailleurs Argentins, une organisation syndicale indépendante, pluraliste, combative, dont j’ai rencontré la direction nationale, aguerrie dans les années de lutte contre la dictature. Leur démarche d’affiliation individuelle des travailleurs précaires et de ceux de l’économie informelle, très développée en Argentine, m’a paru extrêmement intéressante mais je vous raconterai tout ça un eu plus tard car là, j’ai rendez-vous avec les Mères de la Place de Mai.

Hasta luego ¡

Ségolène Royal

Buenos Aires
 
par Vincent Rey publié dans : Actualités
Dimanche 28 octobre 2007
Vous avez publié un extrait du blog de Jean Luc Mélenchon et je souhaiterais porter à la connaissance de vos lecteurs que les affirmations qu’il y tient sont totalement mensongères.

Je ne participe à aucune conférence payante organisée par le patronat contrairement à ce qui a été publié.

Mon déplacement en Argentine et au Chili fait suite à des contacts amicaux et réguliers . J’ai rencontré Cristina Kirchner en Argentine qui m’avait invitée lors de sa visite pendant la campagne présidentielle française, avant sa probable élection dimanche à la Présidence de la République. J’ai également rencontré une des principales organisations syndicales la CTA ainsi que les Mères de la Place de Mai. La presse argentine a d’ailleurs largement rendu compte de ces contacts.

Au Chili, je rencontrerai Michelle Bachelet, Isabelle Allende et Carlos Umonami ainsi que plusieurs ONG.

L’importance politique de ces déplacements et la qualité de l’accueil que je reçois renforcent l’amitié de ces pays avec la France et mérite mieux que de grossiers commentaires mensongers qui n’honorent pas leur auteur, membre du Parlement français dont on attendrait un comportement un peu plus éthique.
 
par Vincent Rey publié dans : Actualités
 

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au Cabaret Sauvage le 21/02
18:30 – 19:30
Parc de la Villette Paris 19ème



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au Zénith à 18 heures
Parc de la Villette


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